Alors que la course mondiale aux de transition s'intensifie, une question centrale émerge au cœur de la gouvernance internationale : comment maintenir des standards élevés sans fragmenter les marchés ni laisser pour compte les pays riches en ressources ?
En marge de l'African Mining Indaba 2026, le Forum de Paris pour la Paix et son Conseil mondial pour une transition minérale responsable, aux côtés de Sustainable Energy for All, ont organisé une table ronde de haut niveau sur invitation réunissant des représentants de pays producteurs, des gouvernements du G7, des acteurs industriels et des organisations de la société civile. L'événement s'est tenu dans un contexte de concurrence géopolitique croissante, de contrôles des exportations et de chaînes de valeur concentrées — autant de facteurs qui font pression sur le rythme et l'ampleur de la production minérale nécessaire à la décarbonation mondiale.
En 2025, les dirigeants du G7 ont adopté un Plan d'action et une Feuille de route sur les minéraux critiques visant à promouvoir des « marchés fondés sur des standards » — un cadre destiné à sécuriser les chaînes d'approvisionnement tout en relevant le niveau des pratiques responsables. Si cette démarche est indispensable en matière de transparence, de durabilité et de résilience, elle risque de créer un système mondial à deux vitesses susceptible de marginaliser les pays riches en ressources, dont beaucoup se trouvent en Afrique.
Comme l'a souligné Benjamin Gallezot, Délégué interministériel français aux approvisionnements en minéraux et métaux stratégiques : « Les minéraux critiques seront l'un des thèmes centraux du G7 français cette année. L'importance de ces ressources pour le développement industriel et la transition énergétique est indéniable — tout comme le sont les contraintes géopolitiques et commerciales croissantes dans ce secteur. »
L'Afrique, dotée de nombreux minéraux essentiels à la transition énergétique, se trouve au cœur de ce paysage en mutation. À l'heure où les gouvernements développent leur production, poursuivent une transformation locale et alignent l'exploitation minière sur leurs stratégies nationales de développement, les exigences d'accès aux marchés pourraient écarter les producteurs si elles ne sont pas conçues de manière inclusive.
La table ronde s'est appuyée sur le document de position récemment publié par le Conseil mondial, intitulé « Garantir des standards élevés sans fragmenter les marchés », qui trace des voies concrètes pour concilier rigueur des standards et accès inclusif aux marchés. Ses principales recommandations appellent à s'appuyer sur les outils existants, à éviter la weaponisation des standards, à associer les pays producteurs au-delà du G7, à favoriser une industrialisation responsable et à débloquer les flux d'investissement.
Les discussions ont porté sur quatre objectifs fondamentaux : tester et affiner ces recommandations avec les parties prenantes africaines et les investisseurs ; identifier les conditions d'une conception inclusive des marchés fondés sur des standards ; recueillir des idées concrètes pour opérationnaliser ces marchés via les outils existants, les mécanismes de financement et le rôle des institutions de financement du développement ; et préparer un message structuré à l'attention de la Présidence française du G7 2026, pour laquelle les minéraux de transition constituent l'une des priorités clés.
Les résultats de ce dialogue alimenteront directement l'agenda de la Présidence française du G7 sur les minéraux de transition — un domaine prioritaire à un moment où la gouvernance des chaînes d'approvisionnement minérales devient indissociable des enjeux climatiques, de développement et de stabilité géopolitique.
Lire le document de position du Conseil mondial : Ensuring High Standards Without Fragmenting Markets