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Un nouveau consensus pour le monde post-Covid : Reconstruire en mieux, de manière inclusive

Lors du Forum de Paris sur la Paix, le 12 novembre dernier, le président français Emmanuel Macron et d’autres dirigeants mondiaux ont lancé une discussion internationale sur l’élaboration d’un nouveau consensus pour le monde post-Covid-19. Cette discussion se poursuit par un débat continu, avec des contributions de dirigeants et d’experts du monde entier. Découvrez la tribune de Sandra Breka, PDG de Robert Bosch Stiftung GmbH

Reconstruire en mieux, de manière inclusive

« Build Back Better » (reconstruire en mieux) est devenu un leitmotiv mondial. Au-delà de la maîtrise de la pandémie, la relance mondiale doit s’opérer selon des modalités nouvelles et vastes qui prépareront le monde à un avenir très différent de l’ère pré-Covid-19. Pour y parvenir, il faudra s’appuyer sur la justice sociale, la philanthropie moderne et une coopération internationale renouvelée.

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence, et à bien des égards exacerbé, les nombreuses crises mondiales auxquelles nous sommes actuellement confrontés. Par exemple, la crise climatique qui s’accélère et la destruction de la biodiversité menacent l’existence même de l’humanité. La transition vers la neutralité carbone et la gestion des conséquences du changement climatique posent des défis pour l’humanité d’une importance quasi-inégalée.

En outre, le développement inégal, le repli économique et les disparités de richesse croissantes menacent la paix sociale. Les inégalités entre les sociétés et au sein de celles-ci sapent la cohésion sociale et la légitimité des institutions politiques et alimentent la polarisation politique et l’érosion démocratique. Le besoin de justice sociale se fait de plus en plus pressant. En effet, les discriminations raciales, sexuelles et fondées sur d’autres catégories sociales empêchent de nombreuses personnes d’accéder à une vie décente.

Face à ces multiples urgences, la pérennité de la paix et de l’humanité n’exige rien de moins qu’une vaste réévaluation du statu quo et une réforme de tous les secteurs. Aux niveaux local, régional, national et international, nous avons besoin de coopération et d’institutions qui tiennent leurs promesses : des institutions qui aident à résoudre les problèmes mondiaux en tenant compte de leurs interdépendances.

Les politiques futures, y compris la coopération multilatérale, doivent mettre l’accent sur la dimension sociale des processus de transformation économique et écologique et garantir un accès équitable aux opportunités – en mettant l’accent sur l’éducation et la santé à l’ère numérique.

Pour construire un monde plus équitable dans le contexte d’un vaste changement technologique, il faut maximiser les avantages de la technologie et en limiter les conséquences involontaires. Cela nécessite une coopération et une gouvernance internationales pour mettre l’accent sur l’inclusion numérique et la connectivité universelle, la protection des droits de l’homme dans l’espace numérique et l’accès aux biens publics numériques pour tous.

La pandémie a mis en évidence le fossé entre le besoin de solutions mondiales et l’affaiblissement des institutions multilatérales créées pour les fournir. Les gouvernements du monde entier doivent donc s’efforcer de relancer la coopération multilatérale.

À travers le monde, les citoyens semblent y être favorables. La conversation mondiale UN75 des Nations Unies a montré que les populations du monde entier partagent les mêmes préoccupations quant à l’avenir et qu’une majorité écrasante (87 %) juge la coopération internationale essentielle pour relever les défis actuels.

La coopération future exige un nouveau consensus et un cadre juridique solide. Elle demande une volonté politique réciproque dans un contexte de changements de pouvoirs mondiaux sous-jacents et malgré des stratégies et des intérêts divergents.

Nous avons besoin d’une approche inclusive, autant au niveau géographique, que des opinions (bien que celles-ci soient basées sur des principes, tels que les droits de l’homme et la démocratie) et des acteurs de tous les secteurs (gouvernements et organisations internationales, secteur privé et communauté technique, universités, société civile et autres parties prenantes pertinentes). L’approche la plus prometteuse de la coopération multilatérale consiste à tirer parti de l’expertise des organisations de la société civile, de la portée des gouvernements, de l’innovation et de l’indépendance des organisations philanthropiques et de l’efficacité du secteur privé.

Le secteur philanthropique est encore largement considéré (à tort) comme une simple source de financements. En réalité, il s’est professionnalisé afin d’augmenter son impact et offre aujourd’hui bien plus que des financements. En effet, les organisations philanthropiques sont indépendantes des actualités et des cycles électoraux, elles peuvent prendre des risques et chercher les solutions adéquates aux problèmes locaux, régionaux, nationaux et mondiaux.

La philanthropie peut toucher des pans de la société que ni les gouvernements ni les entreprises n’atteignent – et peut aider les citoyens à participer et construire des partenariats entre secteurs. La philanthropie peut créer des cadres juridiques appropriés et favorables aux dons locaux et transfrontaliers et éviter les politiques intéressées qui conduisent à un rétrécissement des espaces.

Au-delà d’une source de financement, la philanthropie doit réaliser son potentiel de catalyseur de solutions aux défis mondiaux d’aujourd’hui.

Le nombre croissant d’acteurs qui partagent un sentiment d’urgence et une vision de la coopération renforcée me donne espoir. Comme le soulignent les coprésidents de l’Alliance pour le multilatéralisme : « les grands défis actuels, de par leur nature et leur portée mondiale, ne peuvent être relevés par les pays séparément, mais doivent être abordés conjointement. » Les dirigeants du monde entier s’emploient déjà à reconstruire en mieux en s’efforçant d’adapter leurs institutions pour relever les défis à venir.

sandra breka

Sandra Breka, PDG de Robert Bosch Stiftung GmbH