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Un nouveau consensus pour le monde post-Covid : Afrique et Europe – travailler ensemble pour lutter contre les inégalités croissantes

Lors du Forum de Paris sur la Paix, le 12 novembre dernier, le président français Emmanuel Macron et d’autres dirigeants mondiaux ont lancé une discussion internationale sur l’élaboration d’un nouveau consensus pour le monde post-Covid-19. Cette discussion se poursuit par un débat continu, avec des contributions de dirigeants et d’experts du monde entier. Découvrez la tribune de Jutta Urpilainen, European Commissioner for International Partnerships.

Afrique et Europe : travailler ensemble pour lutter contre les inégalités croissantes

La lutte contre les inégalités doit être au cœur du consensus mondial pour une relance durable après la pandémie. En temps de crise, les inégalités nous affaiblissent. Et nous savons que d’autres crises nous attendent après cette pandémie. Nous devons mener ce combat ensemble et la réussite en Afrique sera déterminante.

Le partenariat de l’Union européenne avec l’Afrique vise un objectif commun, celui d’un avenir pacifique, juste, prospère et sain, fondé sur une croissance durable et inclusive, conformément aux principales priorités de notre stratégie globale avec l’Afrique.

La pandémie de Covid-19 est une urgence de santé publique qui a durement touché les économies. L’impact sur les économies africaines a été particulièrement significatif – le produit intérieur brut du continent a diminué de 1,9 % en 2020, pour atteindre son pire niveau historique.

L’Union européenne continue d’être aux côtés de l’Afrique pour combler le déficit de financement immédiat, en soutenant les efforts d’allègement de la dette, en concentrant les paiements d’aide budgétaire et en adoptant une approche commune : « Équipe Europe » (« Team Europe »). Nous avons vigoureusement soutenu la demande d’un cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de l’ISSD et d’une augmentation des efforts liés aux droits de tirage spéciaux du FMI.

Les institutions de l’UE, les États membres et les institutions financières sont en train de rassembler au moins 8 milliards d’euros pour aider les pays africains à surmonter la pandémie. Nous mobilisons également une initiative Équipe Europe pour permettre à nos partenaires de lutter contre tous les obstacles à la production locale de vaccins et d’autres produits de santé en Afrique sur le long terme via une approche globale qui crée un environnement favorable et s’attaque aux problèmes d’offre et de demande.

Le début de la nouvelle période de financement de sept ans de la Commission offre l’occasion de tracer ensemble la voie vers une reprise durable. Le secteur privé aura un rôle clé à jouer. Un Africain sur cinq en âge de travailler possède sa propre entreprise. Ils se heurtent toutefois à des obstacles : l’accès inégal à l’éducation et aux aides financières ainsi que des lourdeurs administratives.

Les jeunes entrepreneurs dynamiques africains peuvent compter sur le soutien de l’Équipe Europe pour établir un système équitable et contribuer à attirer les investissements, notamment dans les secteurs vert et numérique. Nous nous attaquons à ce problème avec une autre initiative de l’Équipe Europe, tout juste annoncée lors du sommet sur le financement des économies africaines et qui vise à stimuler l’esprit d’entreprise chez les jeunes et à soutenir les petites entreprises, qui constituent l’épine dorsale de l’économie africaine.

Les finances publiques nationales seront le moteur principal de la reprise, avec des politiques fiscales favorisant le développement durable et la croissance inclusive. Or, les ressources de nos partenaires sont aujourd’hui limitées par rapport à la taille de leurs économies – en 2018, le ratio moyen recettes fiscales/PIB africain était de 16,5 %. L’UE soutient pleinement les efforts visant à collecter davantage de recettes via une fiscalité équitable et globale, ainsi qu’en luttant contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites.

Lorsque tout le monde paie sa juste part, il est plus simple de renforcer la protection sociale, d’assurer le bon fonctionnement des systèmes de santé publique et l’accès à l’éducation.

Il ne peut y avoir de croissance inclusive sans éducation. Les jeunes du monde entier ont besoin des compétences adéquates pour construire leurs carrières et leurs entreprises. L’éducation apporte la prospérité, mais aussi une meilleure santé et une plus longue espérance de vie, des sociétés plus inclusives et plus résilientes, ainsi que des démocraties plus fortes et plus pacifiques.

La pandémie a privé d’école 244 millions d’étudiants supplémentaires en Afrique, soulignant ainsi l’urgence de garantir l’accès à une éducation de qualité pour tous, à tous les niveaux. Je m’engage personnellement à augmenter le financement extérieur de l’UE en faveur de l’éducation et ce sera une des principales priorités de notre partenariat avec l’Afrique.

En définitive, la croissance inclusive découle de la démocratie : des institutions démocratiques solides, de l’inclusion sociale et des sociétés participatives. Nous pourrons reconstruire en mieux en autonomisant les jeunes et les femmes et en garantissant leur participation au processus décisionnel.

Il est temps d’agir et l’Équipe Europe est prête à le faire aux côtés de ses partenaires en Afrique. Ensemble, nous sommes plus forts !

Par Jutta Urpilainen, European Commissioner for International Partnerships